158 Bd Haussmann
75008 Paris
France
Artemisia, l’Héroïne de l’Art au musée Jacquemart André
La vie d’Artemisia Gentileschi a débuté de manière atypique. Elle perd sa mère à seulement 12 ans, tandis que son père, peintre réputé et ami de Caravage, la prend comme apprentie dans son atelier. C’est la seule “garzone” du quartier, et plus douée que ses propres frères, elle s’occupe des toiles de son père. La jeune artiste en herbe s’imprègne très vite du chiaroscuro et pose les fondations de sa carrière.
Dans son parcours de vie mouvementé, un épisode a particulièrement marqué la jeune Artemisia. Il s’agit du drame qu’elle a vécu à l’âge de 17 ans, le viol perpétré par Agostino Tassi, l’associé de son père. En conséquence, ce dernier l’assomme de demander sa fille en mariage, ce qu’il refuse. Un procès s’ensuit, ternissant sa réputation et son intégrité, elle sera humiliée et torturée. Artemisia Gentileschi obtient finalement gain de cause, le violeur est condamné, bien qu’il n’aurait jamais purgé sa peine. Cet événement marque intimement la jeune fille et son œuvre.
En 1613, après avoir gagné son procès, elle quitte Rome pour se rendre à Florence où elle connaît rapidement un grand succès. En 1616, elle est la première femme à entrer dans la sélective et prestigieuse académie de dessin, l’Accademia del Disegno. Cet accomplissement lui confère une émancipation unique, elle a ainsi le droit de signer des contrats et de voyager sans son mari. En femme libre, elle voyage et vit à Venise, Londres et Naples, où elle installe son atelier florissant.
Sa célébrité n’est pas que l’affaire du 21ème siècle. Elle était déjà l’une des peintres les plus célèbres de son temps, une prouesse pour une femme du 17ème siècle. Sous le patronage des Médicis et du roi d’Angleterre Charles Ier, elle devient une peintre de cour à succès. Louis XIII, Richelieu, Charles Ier en Angleterre, Philippe IV en Espagne… Tous les rois veulent leur tableau peint des mains d’Artemisia. Face à son talent, le sexisme a été mis sous le tapis.